C'est le printemps mais l'hiver a fait un peu de résistance. Il fait un temps crapoteux qui, je le sens, compromet encore une fois ma nav solo, et même toute autre nav. Je n'arrive pas à voir la hauteur des nuages, ce n'est qu'une masse grise sans nuance de couleur. Mon instructeur qui vient de voler sait que la plafond est suffisant pour les tours de pistes. Par contre, 5 ou 6 km de visibilité, c'est volable mais pas terrible avec une espèce de brume : un bon temps d'hiver, en fait.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » Quelle bonne question ! « Il te manque combien d'atterrissages ? » Comprendre par là que pour pouvoir se présenter au Brevet de Base, il faut avoir 20 atterrissages en solo et je n'en suis qu'à 12 (la raison ici). Alors me voici parti pour sans doute pour une heure de tours de piste. Le terrain n'est pas contrôlé aujourd'hui. Le vent est pile de travers par rapport aux pistes. Mais tout le monde décolle en 28. C'est loin d'être la piste que j'ai le plus utilisée, même pas 5 fois, si je regarde mes stats. Alors je révise un peu le circuit avant de quitter la salle de briefing.

Le passage à la pompe pour abreuver les 100 purs-sangs de mon Cessna me rappelle une fois de plus qu'il fait à peine 5 °C et que l'air est bien humide... Décollage, premier virage, et là, le doute m'envahit. Je ne suis vraiment pas sûr du circuit. Je tangente deux villages en me concentrant sur le cap, la carte, la piste sur mon côté droit. Tant que je vois la piste, je ne suis pas perdu mais j'aimerais quand même être sûr d'être exactement au bon endroit. Surtout quand j'entends un autre traffic s'annoncer sur la même branche que moi alors que je ne le vois pas... Je me remémore les mots de mon instructeur venu me revoir dans l'avion et me dire que si je le sentais pas, je n'insistais pas. J'avais bien entendu acquiescé, ne pouvant pas apprécier le temps depuis le sol. Insister ou pas, il faut finir ce tour. Un peu de vent de travers toujours, joli décrabage, arrondi, toucher pas cassé. Encore 7 à faire ! Cette fois, j'ai un avion devant moi qui va me confirmer le circuit à suivre.

Dernier tour ! Je suis en base, en descente. Je m'applique à viser mon bosquet, fais mon message radio et là, un avion qui attendait sagement au point d'arrêt s'annonce prêt, s'aligne et décolle. Ça m'énerve un peu. Au lieu de continuer tranquillement ma finale et voir si la piste était libre au moment d'atterrir, ce dont je doute..., je remets les gaz à droite de la piste pour garder un oeil sur le vilain qui a osé me priver de mon dernier atterrissage :) Pendant tous ces tours de manège, j'ai dû attraper le pompon par mégarde. Résultat : un tour gratuit... Je coupe le circuit par l'intérieur après l'avoir annoncé.

Retour au sol : ce n'était pas le vol le plus plaisant de ma toute petite vie de pilotaillon, loin de là, mais j'ai mes 20 atterrissages en solo, 5h35 en solo (il en faut 4), un peu plus de 20h de double (il en faut 6) et le théorique. On fera l'inscription au Brevet de Base la prochaine fois, le temps de voir les papiers nécessaires.